Ākāśa आकाश ◦ Blog

Yogasūtra & Sāṃkhya #2 | Les quatre premiers sūtra

J’ai constamment donné l’enseignement de yoga, ces dernières années. La pratique corporelle si célèbre et méconnue, l’assise en silence nommée méditation et une transmission orale de la philosophie qui soutient l’ensemble. Cette philosophie est un regard singulier et vrai porté sur le Monde, une façon de bien nommer les choses afin de bien être en relation à elles.

Yoga est discernement et voir ! Il est se joindre à dharma, la cohérence qui soutient le Monde, yoga est simplement et pleinement être, enfin ! Il y a un chemin d'apprentissage aux voies multiples alors que le but est unique. Le sanskrit a posé l’idée d’une langue réservée à l’usage rituel et à sa transmission. L’écrit a suivi 1 500 ans avant le début de notre ère, conservant le désir de transmettre les rituels magiques aux générations futures. Le sanskrit n’a tout d’abord pas produit de textes mais des aide-mémoires à la transmission orale afin de ne rien oublier et de structurer la pensée.

Structure, mémoire, discernement, dans le but de cultiver le sens de l’écoute, la connaissance du subtil qui met parfois le cœur en joie alors que la relation est vraie. Les yogasūtra et sāṃkhya sont deux des plus importants aide-mémoires conçus au début de notre ère, ils ouvrent une perspective sur l’ensemble de la tradition que le sanskrit nomme sanātana-dharma, éternelle-cohérence.

Enregistrements | 20 cours à paraître

Je veux remercier Eve Delfiner pour son soutien et son travail lors de l’enregistrement sonore des enseignements. L’enseignement se donne à une personne qui par sa présence permet l’émergence d’une couleur particulière. Ainsi la parole s'adapte et devient unique. Eve enseigne depuis plus de quinze ans, elle connaît le fil des pratiques et du texte, elle est attentive à la cohérence du propos. 

Nous proposons une première lecture du yogasūtra à la lumière des sāṃkhya et d’upaniṣad anciennes. Une lecture rapide qui a pour but de ne pas perdre le fil (sūtra) et de bien en voir les articulations, les sutures (sūtra). Concrètement il y a 20 séances enregistrées qui ouvrent les grands thèmes de yoga et nous font circuler dans 3 500 ans de transmission.

Je répète cette lecture en public depuis plusieurs années et suis heureux qu’elle soit déposée sous une forme simple et directe. Soulagé de ne pas avoir à répéter ad vitam æternam ce qui a déjà été entendu et heureux de poursuivre l’aventure de l’enseignement dans d’autres plans !

En pratique

Nous lisons à partir du sanskrit et de la traduction d’Alyette Degrâces : Les Yogasūtra - Fayard 2004 qu’il est nécessaire d’avoir sous les yeux pour bien suivre. Dans chacun des 194 sūtra, plusieurs mots clé du sanskrit sont déployés afin d'intégrer les notions souvent intraduisibles en français. Il s’agit de bien voir la réalité évoquée par l’enseignement.

Une deuxième lecture, approfondie et surtout davantage en relation à sa propre expérience de la vie a lieu lors de sessions en petit groupe par Skype et lors des stages en résidentiel. N’oubliez pas que la retraite solitaire et le pèlerinage pratiqué de façon plus ou moins longs sont les pratique universelles des humains qui souhaitent la relation véritable au Monde ! La pratique d’exercices corporels et de l’assise silencieuse en est issue et  faites pour être vécus en relation aux enseignements oraux et à leur structure. 

Pour participer aux sessions de lecture en individuel comme en groupe, écrivez ou appelez moi, il est essentiel de se parler quelques minutes au téléphone. De petits groupes de travail prennent forme chaque année au début de mois d'octobre. 

Joachim 06 09 02 59 48
joachim.vallet@gmail.com 


Yogasūtra & sāṃkhya #2
Les quatre premiers sūtra

Tout l’enseignement de yoga est donné sous forme condensée dans les quatre premiers sūtra du yogasūtra, ça semble incroyable mais c’est vrai. En quatre aphorismes, tout est posé mais chaque mot compte pour mille mots. Aujourd’hui tout sera dit et à la fois ce ne sera que le point de départ d’une grande aventure qui progressivement, nous engagera à reconsidérer nos relations avec la langue et notre engagement dans l’existence. 



Yogasūtra livre I : samādhi pāda

I.1 atha yogānuśāsanam
À présent l’enseignement reconnu de yoga :

I.2 yogaścittavṛttinirodhaḥ
Yoga est contrôle des cittavṛtti

I.3 tadā draṣṭuḥ svarūpe'vasthānam
En ce cas s’établit le voyant dans sa vraie nature.

I.4 vṛttisārūpyam itaratra
Autrement, c’est l’identification aux vṛtti.

Les yogasūtra - Alyette Degrâces - Fayard 2004

Le premier atelier : 
________________

Archive
Enseignement
Joachim

Yogasūtra & Sāṃkhya #1 | La mānḍūkya upaniṣad

J’ai constamment donné l’enseignement de yoga, ces dernières années. La pratique corporelle si célèbre et méconnue, l’assise en silence nommée méditation et une transmission orale de la philosophie qui soutient l’ensemble. Cette philosophie est un regard singulier et vrai porté sur le Monde, une façon de bien nommer les choses afin de bien être en relation à elles.

Yoga est discernement et voir ! Il est se joindre à dharma, la cohérence qui soutient le Monde, yoga est simplement et pleinement être, enfin ! Il y a un chemin d'apprentissage aux voies multiples alors que le but est unique. Le sanskrit a posé l’idée d’une langue réservée à l’usage rituel et à sa transmission. L’écrit a suivi 1 500 ans avant le début de notre ère, conservant le désir de transmettre les rituels magiques aux générations futures. Le sanskrit n’a tout d’abord pas produit de textes mais des aide-mémoires à la transmission orale afin de ne rien oublier et de structurer la pensée.

Structure, mémoire, discernement, dans le but de cultiver le sens de l’écoute, la connaissance du subtil qui met parfois le cœur en joie alors que la relation est vraie. Les yogasūtra et sāṃkhya sont deux des plus importants aide-mémoires conçus au début de notre ère, ils ouvrent une perspective sur l’ensemble de la tradition que le sanskrit nomme sanātana-dharma, éternelle-cohérence.

Enregistrements | 20 cours à paraître

Je veux remercier Eve Delfiner pour son soutien et son travail lors de l’enregistrement sonore des enseignements. L’enseignement se donne à une personne qui par sa présence permet l’émergence d’une couleur particulière. Ainsi la parole s'adapte et devient unique. Eve enseigne depuis plus de quinze ans, elle connaît le fil des pratiques et du texte, elle est attentive à la cohérence du propos. 

Nous proposons une première lecture du yogasūtra à la lumière des sāṃkhya et d’upaniṣad anciennes. Une lecture rapide qui a pour but de ne pas perdre le fil (sūtra) et de bien en voir les articulations, les sutures (sūtra). Concrètement il y a 20 séances enregistrées qui ouvrent les grands thèmes de yoga et nous font circuler dans 3 500 ans de transmission.

Je répète cette lecture en public depuis plusieurs années et suis heureux qu’elle soit déposée sous une forme simple et directe. Soulagé de ne pas avoir à répéter ad vitam æternam ce qui a déjà été entendu et heureux de poursuivre l’aventure de l’enseignement dans d’autres plans !

En pratique

Nous lisons à partir du sanskrit et de la traduction d’Alyette Degrâces : Les Yogasūtra - Fayard 2004 qu’il est nécessaire d’avoir sous les yeux pour bien suivre. Dans chacun des 194 sūtra, plusieurs mots clé du sanskrit sont déployés afin d'intégrer les notions souvent intraduisibles en français. Il s’agit de bien voir la réalité évoquée par l’enseignement.

Une deuxième lecture, approfondie et surtout davantage en relation à sa propre expérience de la vie a lieu lors de sessions en petit groupe par Skype et lors des stages en résidentiel. N’oubliez pas que la retraite solitaire et le pèlerinage pratiqué de façon plus ou moins longs sont les pratique universelles des humains qui souhaitent la relation véritable au Monde ! La pratique d’exercices corporels et de l’assise silencieuse en est issue et  faites pour être vécus en relation aux enseignements oraux et à leur structure. 

Pour participer aux sessions de lecture en individuel comme en groupe, écrivez ou appelez moi, il est essentiel de se parler quelques minutes au téléphone. De petits groupes de travail prennent forme chaque année au début de mois d'octobre. 

Joachim 06 09 02 59 48
joachim.vallet@gmail.com 


Yogasūtra & sāṃkhya #1
La mānḍūkya upaniṣad

La Māṇḍūkya upaniṣad est la plus récente des upanishad anciennes, elle est aussi la plus succincte avec ses 12 versets. Elle clôt 1500 ans d’enseignement védique et en serait la quintessence. Une image de la condition humaine y est donnée comme l’oscillation entre deux états, de veille et de rêve … et un troisième état, purement connaissant, inaccessible à l’intellect … et un quatrième dont rien ne saurait être dit … le mystère apparaît … silence … absolue Parole … bráhman !

La Māṇḍūkya upaniṣad a été en son temps, juste avant le début de notre ère, l'ultime enseignement, l'ultime véda … le veda-anta. Une page de l'Histoire se tournait et le sous-continent Indien passait lentement de l'Antiquité à l'époque médiévale. Les royaumes s’agrandissaient, la parole s'y adaptait et le verbe yôgh’ devenait important pour deux mille ans et peut-être plus…



Māṇḍūkya upaniṣad
Traduction : Alyette Degrâces Les upaniṣad - Fayard 2014

Oṃ ! O dieux, puissions-nous entendre
ce qui est bénéfique avec nos oreilles ;

puissions-nous, alors que nous sacrifions,
voir ce qui est bénéfique avec nos yeux ;

et célébrant avec des membres et des corps fermes
puissions-nous bénéficier de la vie établie par les dieux.

Qu'Indra à la grande gloire nous accorde la prospérité,
que Pūṣan le tout-connaissant nous accorde la prospérité,
que Tārkṣya (Garuda) au chemin dégagé nous accorde la prospérité,
que Bṛhaspati nous accorde la prospérité.
Oṃ ! śānti ! śānti ! śānti !
________________

Māṇḍūkya Upaniṣad

ओम् । ओमित्येतदक्षरमिदं सर्वं तस्योपव्याख्यानं भूतं भवद्भविष्यदिति सर्वमोङ्कार एव | यच्चान्यत्त्रिकालातीतं तदप्योङ्कार एव ॥ १ ॥
omityetadakṣaramidaṃ sarvaṃ tasyopavyākhyānaṃ bhūtaṃ bhavadbhaviṣyaditi sarvamoṅkāra eva | yaccānyattrikālātītaṃ tadapyoṅkāra eva || 1 ||

1. Ce Tout est la syllabe Oṃ. En voici l'explication : ce qui fut, ce qui est, ce qui sera  –  ce Tout n'est que la syllabe  Oṃ. Et ce qui est autre, qui est au-delà  des trois temps, cela aussi est la syllabe  Oṃ.

सर्वं ह्येतद् ब्रह्मायमात्मा ब्रह्म सोऽयमात्मा चतुष्पात् ॥ २ ॥
sarvaṃ hyetad brahmāyamātmā brahma so 'yamātmā catuṣpāt || 2 ||

2. Car le  brahman est ce Tout. Le brahman est cet ātman, et cet ātman a quatre quarts.

जागरितस्थानो बहिष्प्रज्ञः सप्ताङ्ग एकोनविंशतिमुखः स्थूलभुग्वैश्वानरः प्रथमः पादः ॥ ३ ॥
Jāgaritasthāno bahiṣprajñaḥ saptāṅga ekonaviṃśatimukhaḥ sthūlabhugvaiśvānaraḥ prathamaḥ pādaḥ || 3 ||

3. L'état de veille, connaissant ce qui est extérieur, ayant sept membres, dix-neuf bouches, faisant l'expérience du grossier, est  Vaiśvānara « l'universel »  –  le premier quart.

स्वप्नस्थानोऽन्तः प्रज्ञाः सप्ताङ्ग एकोनविंशतिमुखः प्रविविक्तभुक्तैजसो द्वितीयः पादः ॥ ४ ॥
svapnasthāno'ntaḥ prajñāḥ saptāṅga ekonaviṃśatimukhaḥ praviviktabhuktaijaso dvitīyaḥ pādaḥ || 4 ||

4. L'état de rêve, connaissant ce qui est intérieur, ayant sept membres, dix-neuf bouches, faisant l'expérience du subtil, est Taijasa « le lumineux » – deuxième quart.

यत्र सुप्तो न कञ्चन कामं कामयते न कञ्चन स्वप्नं पश्यति तत्सुषुप्तम् । सुषुप्तस्थान एकीभूतः प्रज्ञानघन एवाऽऽनन्दमयो ह्यानन्दभुक् चेतोमुखः प्राज्ञस्तृतीयः पादः ॥ ५ ॥
yatra supto na kañcana kāmaṃ kāmayate na kañcana svapnaṃ paśyati tatsuṣuptam | suṣuptasthāna ekībhūtaḥ prajñānaghana evā''nandamayo hyānandabhuk cetomukhaḥ prājñastṛtīyaḥ pādaḥ || 5 ||

5. Lorsque, endormi, on ne désire aucun désir, on ne voit aucun rêve, c'est le sommeil profond. L'état de sommeil profond est un, il est un seul bloc de connaissance car, fait de félicité, il fait l'expérience de la félicité. Il est la bouche de la conscience, il est le connaissant (prājña) – troisième quart.

एष सर्वेश्वरः एष सर्वज्ञ एषोऽन्तर्याम्येष योनिः सर्वस्य प्रभवाप्ययौ हि भूतानाम् ॥ ६ ॥
eṣa sarveśvaraḥ eṣa sarvajña eṣo'ntaryāmyeṣa yoniḥ sarvasya prabhavāpyayau hi bhūtānām || 6 ||

6. C'est lui le Seigneur de tout, lui le connaisseur de tout, lui le maître intérieur ; il est la matrice de tout, car l'origine et la fin des êtres.

नान्तःप्रज्ञं न बहिःप्रज्ञं नोभयतःप्रज्ञं न प्रज्ञानघनं न प्रज्ञं नाप्रज्ञम् | अदृश्यमव्यवहार्यमग्राह्यमलक्षणमचिन्त्यमव्यपदेश्यमेकात्मप्रत्ययसारं प्रपञ्चोपशमं शान्तं शिवमद्वैतं चतुर्थं मन्यन्ते स आत्मा स विज्ञेयः || 7 ||
nāntaḥprajñaṃ na bahiḥprajñaṃ nobhayataḥprajñaṃ na prajñānaghanaṃ na prajñaṃ nāprajñam | adṛśyamavyavahāryamagrāhyamalakṣaṇamacintyamavyapadeśyamekātmapratyayasāraṃ prapañcopaśamaṃ śāntaṃ śivamadvaitaṃ caturthaṃ manyante sa ātmā sa vijñeyaḥ || 7 ||

7. Ni connaissant ce qui est intérieur, ni connaissant ce qui est extérieur, ni connaissant l'un et l'autre ensemble, ni bloc de connaissance, ni connaissant ni non-connaissant, ni visible, ni lié à l'action, insaisissable, indéfinissable, impensable, innommable, essence de la connaissance d'ātman unique, ce en quoi le monde se résorbe, tout de paix, bienveillant, non duel – on le considère comme le Quatrième. C'est lui ātman qu'il faut discerner.

सोऽयमात्माध्यक्षरमोङ्कारोऽधिमात्रं पादा मात्रा मात्राश्च पादा अकार उकारो मकार इति ॥ ८ ॥
so'yamātmādhyakṣaramoṅkāro'dhimātraṃ pādā mātrā mātrāśca pādā akāra ukāro makāra iti || 8 ||

8. Ce même ātman quant à la syllabe, est le son Oṃ. Quant à ses mesures (mātra), les mesures sont les quarts (pāda) et les quarts sont les mesures : le son A, le son U, le son M.

जागरितस्थानो वैश्वानरोऽकारः प्रथमा मात्राऽऽप्तेरादिमत्त्वाद्वाप्नोति ह वै सर्वान्कामानादिश्च भवति य एवं वेद ॥ ९ ॥
jāgaritasthāno vaiśvānaro'kāraḥ prathamā mātrā''pterādimattvādvāpnoti ha vai sarvāṅkāmānādiśca bhavati ya evaṃ veda || 9 ||

9. L'état de veille, l'universel, Vaisvānara, est le son A, la première mesure en raison de l'obtention (āpti) et de la primauté (ādimattva). Il obtient en vérité tous les désirs, il devient le premier, celui qui sait ainsi.

स्वप्नस्थानस्तैजस उकारो द्वितीया मात्रोत्कर्षादुभयत्वाद्वोत्कर्षति ह वै ज्ञानसन्ततिं समानश्च भवति नास्याब्रह्मवित्कुले भवति य एवं वेद ॥ १० ॥
svapnasthānastaijasa ukāro dvitīyā mātrotkarṣādubhayatvādvotkarṣati ha vai jñānasantatiṃ samānaśca bhavati nāsyābrahmavitkule bhavati ya evaṃ veda || 10 ||

10. L'état de rêve, le lumineux, Taijasa, est le son U, la deuxième mesure en raison de son élévation (utkarṣa) et de son ambivalence (ubhayatva). Il élève en vérité une continuité de connaissance, il devient égal, celui qui sait ainsi. Il n'y a pas d'ignorant du brahman dans sa famille.

सुषुप्तस्थानः प्राज्ञो मकारस्तृतीया मात्रा मितेरपीतेर्वा मिनोति ह वा इदं सर्वमपीतिश्च भवति य एवं वेद ॥ ११ ॥
suṣuptasthānaḥ prājño makārastṛtīyā mātrā miterapītervā minoti ha vā idaṃ sarvamapītiśca bhavati ya evaṃ veda || 11 ||

11. L'état de sommeil profond, le connaissant, Prājña, est le son M, la troisième mesure en raison de sa construction (miti) et de sa résorption (apῑti). Il construit en vérité ce Tout et en devient la résorption, celui qui sait ainsi.

अमात्रश्चतुर्थोऽव्यवहार्यः प्रपञ्चोपशमः शिवोऽद्वैत एवमोङ्कार आत्मैव संविशत्यात्मनाऽऽत्मानं य एवं वेद ॥ १२ ॥
amātraścaturtho'vyavahāryaḥ prapañcopaśamaḥ śivo'dvaita evamoṅkāra ātmaiva saṃviśatyātmanā''tmānaṃ ya evaṃ veda || 12 ||

12. Le Quatrième est sans mesure (amātrā). Non lié à l'acte, il est ce en quoi le monde se résorbe, il est bienveillant, non-duel. Ainsi ce Soi est le son Oṃ. Il entre par ātman dans ātman, celui qui sait ainsi.

Les upaniṣad - Alyette Degrâces - Fayard 2014
________________

Archive
Enseignement
Joachim

La question de la naissance

Un puissant point de vue des enseignements de yoga montre que tu es né au bon endroit, toujours ! Mais des forces extérieures, des tendances intérieures, pourraient te faire suivre par ignorance une voie qui n'est pas tienne.

La question de la naissance et de la vie qui est créée ensuite, demandent à être regardées avec attention et en respectant la nature des choses. Né par exemple dans un bourbier, il n'y a pas de destin à vivre immobile dans la boue. Peut-être y a-t-il une rizière à créer ? De l'irrigation ? Partir ailleurs sur les chemins ?

Né dans la richesse, la question de voir qui être et quoi faire n'est pas simplifiée ni complexifiée. Vivre pleinement, selon les enseignements de yoga ne consiste pas à répéter aveuglément les gestes de sa caste mais au contraire à ouvrir les yeux.

Pauvre ou riche, bien des possibles son ouverts et il n'est pas question de trouver le meilleur choix, ils sont tous bons ! Pas besoin de chercher la meilleure solution mais toutes les décisions ne se valent pas. Sous l'emprise de l'adversité, de l'imaginaire, du désir d'avoir la même vie qu'autrui, de disperser son énergie dans des directions éparses, de vouloir saisir la multitude des objets, tu te retrouverais perché nulle part, saisi d'anxiété.

Il n'est jamais trop tard ! La question n'est toujours pas de prendre la meilleur décision, la question est d'apprendre à écouter le monde, juger des rencontres et suivre le fil qui est tien, il est toujours parmi d'autres entre tes mains !

Se dégager de l'égarement est simple et agréable mais pas nécessairement dépourvu d'effort. Vraiment cela consiste à se placer en disposition d'écoute : Par abandon de l'hostilité, en s'appuyant sur la réalité, en s'appuyant sur ce qui t'es propre, en s'appuyant sur l'éthique, l'intemporelle Parole et le mode de vie qui en découle. Bref en lâchant avec fermeté tout superflu, il y a compréhension de la question de la naissance.
________________

YS II.35 En s’appuyant sur ahiṃsā (non-nuisance), dans sa proximité est
l’abandon de l’hostilité.

YS II.36 En s’appuyant sur satya (réalité/vérité), il y a appui de l’acte et du fruit.

YS II.37 En s’appuyant sur asteya*, l’apparition de tous les joyaux.

YS II.38 En s'appuyant sur brahmacarya**, l’obtention de l ‘énergie.

YS II.39 Par la fermeté d'aparigraha (non-saisir), il y a compréhension de la question de la naissance.

* asteya traduit par non-vol s'entend comme non-désir d'être autrui... non-désir de s'accaparer les attributs d'autrui.

** brahmacarya : "conduite selon brāhman" conduite selon la Parole émanant de l'au-delà !
________________

Archive
Enseignement
Joachim

Ahaṃkāra

Égo, moi ou personnalité traduit-on du Sanskrit, l'étymologie dit tout simplement "moi-faire" une allusion à ce qui fait agir, à ce qui pousse à faire comme ceci plutôt que comme cela. En Sanskrit, au lieu de parler d'un moi solide, on admet la relativité d'un comportement conditionné et la relation biaisée du moi au réel. L'être humain a une tendance à réagir aux stimuli de façon conditionnée, extérieure plutôt que d'agir dans un sens noble, en relation à l'éthique (dharma).

Ne voyez aucune condamnation ni tentative de qualifier ce comportement égotique de mauvais, au contraire ! Il est nécessaire d'avoir de bons réflexes et de savoir agir de façon adaptée à ce qui advient. La survie dépends de ces bons réflexes dont certains ont été appris par l'espèce au long des millénaires, d'autres ont été appris par soi-même au cours de la vie. La capacité à discerner ce qui peut être mangé, ce qui est dangereux ou favorable est héritée d'une grande capacité à se laisser conditionner par les aléas de la vie. Le paradoxe est vertigineux !

La vie en société est possible grâce à cette même capacité de conditionnement. Il faut bien que certains croient dur comme fer être ouvrier, militaire, marchand, employé de bureau, d'usine, contremaître et jusqu'au maître du royaume pour que la fourmilière humaine fonctionne. Sans comportement conditionné, pas de place au sein du groupe, pas de groupe, pas de confort social et certainement pas de vie humaine du tout.

Oui, l'idée de liberté en prends un coup, enfin le lieu-commun disparaît avalé par le faux et c'est pas plus mal. Reste une quête qui accepte ne pas être le fruit d'un fantasme d'isolement et de toute-puissance. Môa qui se croirait libre de toute contrainte et souffrance, absorbé dans la félicité pour toujours ; seulement libre en réalité de se faire tout trip et comic-strip.  Vouloir se barrer hors de ce triste monde duel réserve dans la durée quelque surprise pas conforme au fantasme. Chacun est toujours rattrapé par le réel ne serais-ce que dans la mort.

Désir / peur

Le conditionnement joue sur le couple d'opposés fondamental [ désir / peur ] et présente le risque de se retrouver à avoir peur des insectes, des serpents, des loups, des tigres, des allemands, des étrangers en général, de mal faire et de mal être. Bref à avoir peur de tout y compris de ses enfants, son conjoint et jusqu'à sa propre ombre.

Mais il y a aussi le désir d'absolu, de connaissance de la réalité et qui est valorisé dans les enseignements. C'est ce désir de voir qui fait l'éveil de l'écoute !

Les désirs épars, conséquence et cause d'ignorance sont sans reconnaissance de la dualité. Vouloir seulement de la nourriture sucrée et jamais amer ni salée, vouloir l'amour sans la peur, vouloir vivre une température clémente sans jamais expérimenter ni le chaud ni le froid, c'est se condamner à vivre des déceptions et à disperser son énergie vitale en tout sens.

Buddhi

Le piège de l'égo est que ce moi soit lié à l'ignorance, au fait de ne pas voir. Eh oui puisque les mémoires issues​​ de l'expérience surgissent par réflexe dans le champ mental pour dire bien ou mal, désir ou peur. Tu te retrouves à aimer / avoir peur de façon pas toujours adéquate, tel aliment tel animal, tel humain ou telle situation.

Mais attention je répète, pas d'humanité vivante sans ahaṃkāra et réflexes de survie ! Tu vois, les enseignements de yoga montrent comment s'entraîner au discernement, exercice pas des plus évident puisque ce qui est évident, c'est l'ignorance (le conditionnement) qui dispense de voir pour de bon.

La buddhi c'est l'Intelligence avec un "I" qui siège en notre cœur, elle est le fruit de l'alchimie du Divin et de la Déesse. Au cœur d'ahaṃkāra, il y a cette conscience divine qui "voit" parfaitement. Mais voilà, la buddhi est voilée par ahaṃkāra qui lui impose en premier plan des mémoires d'actes passés. Ce qui advient dans le réel est vu comme un pseudo déjà-connu sur-imposé. Que de mal-entendus en perspective, tout serpent sera vu comme celui qui a causé la perte du paradis et non pas tel qu'il est véritablement.

Saṃskāra et bīja

Nos mémoires sont "impression, fruit de l'acte" (saṃskāra) et "graine en latence de germination" (bīja) et nous (citta) sommes faits d'une infinie trame de mémoires toutes reliées, à l'image de l'infinie trame galactique ou de celle toute similaire des neurones et synapses.

Il y a les mémoires des actes passés et il y en a d'autres, héritées des actes de la généalogie, une richesse connue et une autre inconnue qui vient de zones oubliées et de bien au delà l'imaginable.

Cette mémoire de morsure de chien habituellement latente devient active lorsqu'un chien entre dans mon champ mental. Il en va de même de mon code de carte bleue et de millions d'autres qui sommeillent et se réactivent de façon conditionnées.

Ahaṃkāra est le tissage de ces scories vivantes fruits de mes actes, de mon vécu. Je suis aussi affecté par et construit autour de ce que mes ancêtres ont vécu, je suis l'héritier de leurs mémoires qui me déterminent socialement. Je suis un grand bourgeois ou un descendant de prolétaire ou de guerrier du moyen-âge. Et encore au-delà, comment expliquer cette affinité pour ce coin d'Afrique où je me suis senti comme à la maison dès le premier instant ?

Comment expliquer cette empathie pour cette victime ou ce bourreau du bout du monde avec lequel je n'ai rien en commun ?

La réponse est simple, toutes les mémoires du Monde sont reliées, tout a été vécu en relation depuis la nuit des temps. Il n'y a qu'une seule et infinie trame à l'image des neurones et synapses ou à celle des galaxies.

Moi est une conjonction, une zone géographique dans l'immensité de la trame. Les mémoires sont des sons, elles sont vibrantes... alors la matière s'agglomère en cette forme de mon corps, similaire et différent des autres parce que nous partageons bien des espaces communs et d'autres singuliers.

Qui suis-je ?

Pour voir qui je suis, il faudrait pouvoir placer une frontière qui me sépare du monde. Le souvenir de ce chien qui n'est pas moi et qui m'a mordu devrait-il être au dedans ou en dehors de moi ? Le fait est qu'il est les deux à la fois, je suis un peu lui du fait de notre aventure commune.

Vertige de la réalité !

Où placer la limite ? Comment gérer tout ce que je connais sans le savoir et que je n'ai souvent même pas vécu ? Suis-je un peu de la centrale nucléaire de Fukushima ou pas du tout ? Suis-je influencé par cela ? Où se trouve ma mémoire de cet événement ? Au dedans de moi ou ailleurs dans la trame ? Les notions d'extérieur et d'intérieur s'effacent et s'efface aussi mon petit moi et ses problèmes égocentrés, quel soulagement !

Citta

L'enseignement du sāṃkhya nomme l'être humain "citta" pour rappeler l'étincelle divine (cit) en son cœur. Il est dit que citta est ; buddhi (Intelligence d'éveil), ahaṃkāra et manas (mental), les trois en même temps !

L'alliance du divin et de la Déesse créé le Monde tel qu'il se manifeste. Au cœur de l'humain ; buddhi et l'espace tout autour. Ahaṃkāra et l'espace tout autour. Ahaṃkāra produit la matière corporelle selon une trame de mémoires sonores individuée. Ahaṃkāra produit la potentialité des cinq sens. Et ​ahaṃkāra produit manas (mental) un organe (indriya) à la fois préhensile et réceptif.

Manas (mental)

Cet enseignement du sāmkhya reste très mal connu car il faut changer profondément de paradigme pour voir ce qui est dit. Il n'y a pas de connaissance théorique de la réalité qui soit possible. Seule l'expérience est vraie mais qui voudrait lâcher sa relation conditionnée au monde ? Chacun a bien trop intérêt à amender encore sa tragi-comédie !

Manas est à la fois réceptif et préhensile, il y a une capacité à recevoir et une capacité à saisir. C'est une affaire de désir et de peur qui fait que moi est saisisseur ou à l'écoute au travers de l'organe mental (indriya).

Citta s'exprime et agit à travers l'espace grâces à ses 5 organes d'action (karma-indriya) investis par l'organe mental ; la voix, les mains, les pieds, les organes d'excrétion et les organes génitaux.

Citta désire saisir et écoute au travers de ses 5 sens​, organes de connaissance​ (jñāna-indriya) investis par le mental saisisseur ou à l'écoute.

Et pour que le tableau expérienciel soit complet, il faut ajouter la scène de théâtre sur laquelle se joue ma tragi-comédie ; l'espace mental à géométrie variable qui coïncide avec ākāśa l'espace entier !

Archive
Enseignement
Joachim

Yab-Yum : Pleine présence et engagement

Une photo trouvée sur Facebook m'a donné envie d'apporter un de point du vue complexe sur l'espace de mémoires partagées lors de nos relations sexuelles. Lisez bien le commentaire de l'image, c'est à cela que j'ai réagi. Ça vaut le coup d'explorer pour soi-même ce principe de perméabilité dans le sexe mais aussi dans toute autre relation. C'est chouette que la question émerge sur les réseaux sociaux, elle est importante mais je préfère parler de mémoires que d'énergies, c'est plus fidèle à la structure de l'individu.

Je pense à une amie qui vit de prostitution depuis de longues années, elle n'a que trente-deux ans et une capacité de transmutation des mémoires d'autrui hors du commun c'est sûr. Un pouvoir bien réel mais pas absolu, elle est tout de même teintée de ses multiples relations, ça se voit et elle le sait. Elle travaille à un certain équilibre, attentive à choisir ses clients et n'a jamais été dans la rue. C'est une très jolie fille plutôt réservée à qui tu donnerais le bon dieu sans confession. Elle a mis au point un jeu de domination pour se protéger, elle est la femelle dominante et ses clients s'y plient ou vont voir ailleurs. Mais que faire du jour où un inconnu la viole ? C'est arrivé deux fois dans le boulot, ça lui a demandé un gros travail de transmutation, ce sont ses mots. Une guerrière pour qui j'ai le plus grand respect même si on ne vis pas sur la même planète, question sexualité.

Je te parle volontairement hors de ton expérience pour créer du contraste et peut-être aider à faire apparaître une image te concernant. Nous ne sommes égaux à aucun point de vue même si nous fonctionnons tous sur les mêmes schémas humains. Difficile de voir comment nous sommes influencés par nos rencontres et difficile de ne pas glisser dans des considérations un peu trop ésotériques sur ce sujet des "énergies" que je préfère nommer mémoires.

Comment se faire une idée à partir de son intimité et de la complexité émotionnelle de ses véritables relations amoureuses ? L'expérience du massage peut être très utile pour explorer la question, sa propre façon d'être avec le phénomène, dans le cadre sécurisé d'un stage de développement personnel.

J'aime bien l'expérience du massage dans un groupe mixte en parité hommes/femmes d'une vingtaine de personnes, c'est vraiment une excellente expérience. Tu es corporellement en situation de masser et d'être massé(e), indifféremment au contact de femmes et d'hommes. Indifféremment, n'est pas le bon mot, c'est justement là que se situe l'expérience et elle est riche ! Encore augmentée des réactions et témoignages des uns et des autres, histoire de bien situer la sensibilité qui t'es propre.

Le toucher avec un(e) inconnu(e) n'est absolument pas évident pour moi de prime abord, cette réticence se doit d'abord d'être respectée car elle a ses raisons. En clair j'ai pas envie d'être en contact charnel avec 90% de l'humanité, peut-être pas envie de me "mélanger" sans retenue avec le monde et c'est bien notre sujet mais l'expérience du massage permet quelques surprises.  

Première surprise, je peux faire appel à une ressource intérieure qui me place en stabilité de présence. Ni émetteur d'intention, ni récepteur volontaire, ni absent de l'action ; une simple présence qui est à l'écoute et engagée dans l'action. Sans cette ressource, déjà cultivée dans la pratique de méditation, j'aurais été contraint de flotter en dehors de mon propre corps pour acter le massage tout en étant dégoûté de la situation dans le fond. Il y a moyen d'être présent à un niveau d'attention sans être en pleine fusion exactement selon l'expérience de méditation.

Deuxième surprise, certaines personnes passent très bien dès la première seconde, le contact est fluide, agréable et ce ne sont pas forcément celles que j'aurais imaginées. Une variante de l'exercice consiste à tirer au sort les couples masseur/massé et à garder les yeux bandés pour ne pas être soumis à ses aprioris, encore plus intéressant.

Pour le sujet des impressions et mémoires latentes, j'ai bien vu que ce qui est vécu "en présence et transparence" ne laisse pas de goût particulier alors que ce qui est vécu dans des sentiments contradictoires, incertains, un esprit flottant hors du corps, laisse un goût amer qui se réactive à chaque rappel de la mémoire.

Bien sûr la sexualité est très impliquante et c'est souhaitable ! Une pleine relation sexuelle nous engage entièrement et laisse trace, comment en serait-il autrement ? Et que dire du niveau d'implication dans le plan subtil avec celle où celui qui est aussi parent de tes enfants ? Prise de conscience abyssale, agréable où désagréable mais vraiment fondamentale.

Les choses se compliquent avec les rapports sexuels flous, mollement ou pas désirés. Le mollement désiré, le pourquoi pas qui va de pair avec une absence laisse un espace corporel vide et ouvert à tous vents. Alors que l'engagement est du plein et de la présence.

Complexité

Les rapports de domination ne sauraient être absents même de la plus équilibrée relation sexuelle. Il y a la très visible prédation masculine et ses proies féminines. Il y aurait beaucoup à dire sur les multiples jeux sous-jacents à la grosse caricature du queutard et ses victimes. Il y a aussi la femme fatale en pendant symétrique, toute aussi caricaturale et qui mériterait d'être reconnues dans sa complexité.

Pour le sujet des mémoires et de la qualité d'engagement, il y a certaines femmes, un style féminin particulier qui multiplient les relations, accroc à la séduction mais pas vraiment engagée sexuellement. Situation éminemment dangereuse qui génère le plus, en nombre de ces rapports mollement désirés et actés dans un espace corporel désinvesti.

Symétriquement chez les hommes, il y a ce queutard qui pratiquerait à répétition l'absence du corps par soucis technique de retarder l'éjaculation, une catastrophe énergétique pour les deux. Cet homme là a tendance à "envoyer" dans la relation le lieux d'où il pense et pour peu que sa partenaire soit ailleurs aussi, ça fait un bon gloubiboulga.

Enseignements

Toute l'intelligence montrée par les enseignements de yoga vaut bien sûr aussi sur le plan de la sexualité. Les sages yogis enseignent le vivant et la sexualité y est centrale ! Inutile de le répéter constamment, l'énergie vitale se déploie particulièrement par le biais du sexe mais c'est la simple énergie vitale, il n'y a pas une autre énergie qui serait sexuelle.

Ce pourquoi il n'y a pas d'enseignement techniques sur comment faire l'amour dans les traditions de yoga. Ils seraient redondants avec ceux qui expliquent techniquement comment méditer... et ils n'existent que très peu. Nous sommes vraiment condamnés à l'intelligence et c'est réjouissant.

Blague à part, les qualités d'écoute et de présence cultivées dans de bonnes pratiques de méditation sont exactement celles qui permettent... écoute et présence dans la sexualité et même écoute et présence au bureau.

Évidement attentif au monde, tu te retrouves au bon endroit et avec les bonnes personnes, que ce soit pour boire un café ou passer la nuit... passer la nuit... va savoir ce qui a lieu dans le plan subtil alors que nous dormons ensemble ? Sinon, perché hors de ton corps à planer dans des histoires trop théoriques, tu te retrouves aussi au bon endroit et avec les bonnes personnes... celles qui te donneront l'occasion de bien travailler la présence. A bon entendeur !

Yab-yum

Yab-yum est une drôle de pratique qui permet de s'aligner mutuellement. Pas si facile de bien s'asseoir, surtout pour l'homme. C'est une assise silencieuse, la colonne vertébrale verticale et les ventres en contact. Comme pour toute pratique de méditation, la question est tout simplement d'être là sans fabriquer quoi que ce soit.

Pas si facile de trouver comment ne pas aller vers l'excitation sans pour autant se barrer ailleurs. Avec un peu de pratique, tu verras que finalement, habillé ou nu importe peu. L'essentiel est d'être corporellement ensemble sans attente particulière et en présence.

Pas spécialement folichon sur le moment mais qui apprends à être ensemble pour de bon dans la durée (entre 20 mn et 1 h). Exactement la qualité d'être ensemble qui saura être retrouvée dans le coït, hors de l'excitation et dans la profondeur. Le rapport sexuel est un moment privilégié qui puisse permettre de toucher notre part divine !

Archive
Enseignement
Joachim