Ākāśa आकाश ◦ Espace fertile

Pratique en ligne

La pratique en ligne, la présence via les moyens audiovisuels est une belle aventure, l'indispensable relation est là dans toute sa richesse mais elle demande du temps et de l'attention pour se mettre en place. La relation se construit d'abord en s'installant confortablement, en créant un lieu, un espace temporel dédiés à être ensemble. Avec l'expérience et une certaine lenteur, elle se tisse avec le soin donné à poser son téléphone, son ordinateur, son espace de pratique, la lumière, l'ombre et le temps nécessaire à être bien disponible.

Soutien Méditation
Pratiquer ensemble en soutien mutuel

Si on ne se connais pas encore, j'attire ton attention sur ces sessions des mercredi et samedi de 8:30 à 9:30. Une simple assise en silence pour les personnes qui pratiquent déjà et qui apprécient la présence d'autres en soutien mutuel. C'est mon cas, je suis le premier à profiter de ce moment privilégié. En fin de pratique à partir de 9:30 nous échangeons éventuellement à propos de ce qui a été vécu. Certains arrivent à 8:30, d'autres à 9:00 ou 9:10 pour un temps plus court, c'est libre. Le lien de connexion pour Soutien Méditation est là : https://join.skype.com/hRhffNztQ9wF il suffit de le suivre.


Pratiques par Skype / Zoom
Lun 9:00 à 11:00
Philosophie Yoga
Réservation
 
Mar   18:30 à 20:30
Apprendre méditer
Réservation
Mer 8:30 à 9:30
Soutien Méditation
Entrée libre
 
Jeu 12:00 à 14:00
Philosophie Yoga
Réservation
 
Ven  
 
 
 
Sam 8:30 à 9:30
Soutien Méditation
Entrée libre
 
Dim 9:00 à 11:00
Apprendre méditer
Réservation
 


Philosophie : enseignement oral
Yogasūtra à la lumière des sāṃkhya & upaniṣad

L'enseignement commence par de l’Histoire afin de bien discerner les strates formées par les traditions de périodes antique, médiévale et moderne qui font une transmission actuellement audible. Il y a un déploiement logique à partir des Veda, des upaniṣad anciennes, des yogasūtra et sāṃkhya puis des tantra ultérieurs. Ensuite nous entrons de plein pied dans les textes qui soutiennent l'oralité. Le premier de ces aide-mémoire à l’enseignement oral montre comment l’humain apprend à voir clair, le second montre de quoi cet humain est fait et les upaniṣad en sont la matrice. Tu vois, les trois se complètent, les Veda sont proche de la source et les tantra le sont aussi.

Apprendre à méditer
Expérience et étude de l’assise silencieuse (āsana)

Des temps d’assise silencieuse plus ou moins longs sont expérimentés puis commentés ensemble. C'est la façon la plus radicale et simple d'entrer dans cette pratique centrale des enseignements traditionnels de yoga. L'assise est en lien avec la retraite qui initie le parcours d'apprentissages des brahmacharin, ceux qui écoutent la divine Parole.

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Appelle-moi pour un court entretien téléphonique si on ne se connaît pas, c’est vraiment chouette et utile 06 09 02 59 48. Nous verrons tout de suite comment travailler ensemble.

- Les temps de Soutien Méditation sont gratuits - La participation pour la pratique de Philosophie / enseignement est de 25€ - La participation pour Apprendre à méditer est de 10€ - Réglable par chèque ou PayPal.

Skype est simple, déjà installé sur la plupart des ordinateurs et téléphones, vérifie que ton logiciel est à jour, n’attend pas le dernier moment. Le lien de connexion pour Soutien Méditation est là : https://join.skype.com/hRhffNztQ9wF il suffit de le suivre.

Amitiés,
Joachim 06 09 02 59 48



Enseignement

Des pratiques en groupe et en individuel dont les objets sont complémentaires et forment un seul et même enseignement. Que chacun puisse trouver comment travailler les aspects corporels, méditatifs, énergétiques et philosophiques propres au Yoga. Que le cadre soutenant les enseignements donnés puisse être tout à fait traditionnel et complet alors que nous vivons bien en occident et au 21e siècle !

◦ Assise en silence, méditation

L'assise (āsana) est au cœur des pratiques de Yoga, elle consiste à être bien là et réceptif comme lorsque nous sommes pénétrés par la beauté d’une fleur, d’une œuvre d’art. Elle consiste à ne rien faire comme un naufragé dans la tempête qui sait que se débattre l’épuisera, que l’action juste est d'abord de se laisser porter afin de bien être en relation à ce qui advient. Être simplement présent à soi, aux autres et au monde n’est pas chose facile, souvent l’insatisfaction, l’appréhension sont là à brouiller notre esprit. Méditer est s’entraîner à une qualité de présence qui d’abord est corporelle et en lien à la respiration.

◦ Lecture, enseignement oral relatif aux textes

L'expérience des pratiques corporelles, de l'assise en silence et de nos vies est le point de départ de cette aventure. Nous voyons à la lumière des yogasūtra, du sāmkhya, d'upaniṣad et du sanskrit, ce que nous montrent les anciens yogi. Les yogasūtra et sāmkhya, ces deux aide-mémoire condensés forment un couple indissociable, au carrefour de l’antiquité védique et de la modernité médiévale des tantra. Les deux recueils servent de support à la transmission orale, une façon de résorber l’enseignement en formules faciles à mémoriser. Ensemble, nous déployons cela au travers du vocabulaire sanskrit, de ces stances et sūtra et voyageons vers les racines intemporelles des enseignements de yoga.

◦ Pratique corporelle

Nous entrons directement et de plein pied dans un travail corporel qui place la respiration au centre de l'attention et à l'origine de réelles modifications de notre façon d'être. L’intelligence, dans la complexité des formes, est sollicitée. De la matière corporelle aux fonctions physiologiques comme les jeux articulaires, les circulations sanguines et lymphatique ou la digestion par exemple sont modifiées. Et alors toute notre façon d'être l'est aussi par voie de conséquence.

Ce travail corporel, puissamment transformateur doit être engagé selon les enseignements ancestraux. Il y a le risque de se blesser en cas de mal-compréhension et surtout le fait de passer à côté des réalités importantes pour l'être. Ou de les travailler dans une opposition au bon sens et à la tradition. Ici la question n'est en aucun cas de chercher à adhérer à un modèle grossier, la question valorisée est avant tout de permettre la culture du sens de l'écoute et d'entrer en relation au monde !

◦ En individuel

Travailler en séance individuelle est excellent par exemple pour débuter et se mettre le pied à l'étrier de façon riche et adaptée aux besoins du moment. Cet espace est aussi bien utile pour aborder et déployer ponctuellement toute question liée à la pratique ou à son parcours personnel. Rapidement, l'expérience des séances de yoga et de l'assise en silence ne manque pas de poser de multiples questions. Au niveau fonctionnel bien sûr et aussi à propos de la façon dont chacun réagit sur les plans de la pensée, des émotions et de son écologie personnelle.

◦ Méditation en pleine nature

Vois-tu ce qu'est un ermitage ? Une grotte ou une bâtisse isolée au sommet d'une colline, à l'écart du monde humain. Un ermitage est aussi un temps de retrait favorable à une pratique intense et éclairée de l'assise en silence. La chose est essentielle dans bien des traditions, en occident, en orient et aussi dans la formation des sorciers, médecins et clairvoyants des peuples premiers. Dans l'Inde védique, comme dans les versions ancestrales des religions du livre et comme pour les shaman, la retraite est un indispensable temps de reliance qui laisse la possibilité de voir et dialoguer au-delà du visible. En pleine nature, nous trouverons une juste place pour méditer. Au plus proche des cinq éléments et des énergies du lieu, nous serons à l’écoute durant de longues périodes. Lors de cet événement, les moments en groupe alternent avec des périodes de solitude et de méditation. Nous marchons dans les pas des antiques retraitants et apprivoisons tous les processus qui font partie de nous et du monde.

Joachim 06 09 02 59 48



Joachim

J'ai renoncé à peine majeur, à la voie toute tracée des études et de la vie professionnelle qui s'ensuivrait. Il y eut un accident en haute-montagne à l'âge de 17 ans, une grande peur de mourir lors d'une ascension et rien n'est revenu comme avant. Toutes les saveurs de l’existence avaient été modifiées, la montagne et une idée de la vie au grand air appelaient. Vivre intensément proche des sommets enneigés dans un premier temps, puis dans la sphère médiatique et à travers le monde pendant vingt ans. Une chance incroyable d'avoir pu être proche témoin de l'Histoire en marche en tant que photographe puis reporter de télévision. Vingt ans de reportages, d'immersions dans des lieux géographiques, dans les profondeurs de l'humain et des sociétés.

J'ai renoncé une deuxième fois, à l'enfermement dans la sphère médiatique en pleine dégénérescence au début des années 2000. Encore pour l'aventure et la liberté de regard alors que les grands médias pour lesquels je travaillais tombaient sous contrôle de forces d'argent. Il était temps de poursuivre ailleurs l'exploration de l'envers du miroir, des faces cachées du monde, de retrouver le fil tendu de la vie qui vibre.

Les pratiques de méditation, de yoga m'accompagnaient depuis la fin de l'adolescence. Discrètement la plupart du temps, intensément par période, à chaque moment de transformation. C'est là que j'ai plongé, dix années d'apprentissage et de transmission à temps complet pour que coïncide l'expérience personnelle et les intemporels enseignements de yoga.

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◦ C’est grâce à Patrick Tomatis et Philippe de Fallois que j’ai pu entrer pleinement sur le chemin. Nil Hahoutoff (1900-1982), leur enseignant avait été élève d’Hiran Moy Chandra Gosh dix années entre-deux-guerres, jusqu’au départ de ce dernier. J'ai suivi ces deux enseignants quasi quotidiennement pendant six années, jusqu'à ce que chaque mot et chaque geste du cours de yoga soient corporellement inscrits.

◦ Certaines pratiques méditatives issues des enseignements bouddhiques m'accompagnent également depuis l'âge de 25 ans. L’œuvre de Chögyam Trungpa, maître Tibétain est présente depuis cette période. Mais pour moi, ce sont les enseignements antiques de yoga, en relation à leur source ancestrale et intemporelle qui permettent un regard simple, direct. La pratique de méditation et du sanskrit qui modifient si puissamment nos représentations.

◦ Alyette Degrâces, philosophe et indianiste, transmet aujourd'hui très directement, à partir du Sanskrit et des textes antiques qu’elle traduit, une sensibilité très belle à la pensée Indienne, au yoga et à certains tantra, nous travaillons ensemble depuis dix ans lors de lectures données chez elle.

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Instructeur certifié par l’École Française de Yoga (EFY) *
Membre de la Fédération Nationale des Enseignants de Yoga (FNEY)

* Le cursus d'instructeur, au sein de l’École Française de Yoga a duré 4 ans (1200 heures d'enseignement). Il fut conclus par des épreuves pratiques et théoriques portant sur les pratiques corporelles, l’anatomie et la philosophie.

Joachim 06 09 02 59 48



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La question de la naissance

Un puissant point de vue des enseignements de yoga montre que tu es né au bon endroit... toujours ! Mais (il y a un mais) des forces, des tendances qui participent aussi du monde pourraient te faire suivre par ignorance une voie qui n'est pas tienne.

La question de la naissance et de la vie qui est créée ensuite, demandent à être regardées avec attention et en respectant la nature des choses. Né par exemple dans un bourbier, il n'y a pas de destin à vivre immobile dans la boue. Peut-être y a-t-il une rizière à créer ? De l'irrigation ? Partir ailleurs sur les chemins ?

Né dans la richesse, la question de voir qui être et quoi faire n'est pas simplifiée ni complexifiée. Vivre pleinement, selon les enseignements de yoga ne consiste pas à répéter aveuglément les gestes de sa caste mais au contraire à ouvrir les yeux.

Pauvre ou riche, bien des possibles son ouverts et il n'est pas question de trouver le meilleur choix, ils sont tous bons !

Pas besoin de chercher la meilleure solution, mais (il y a un mais) toutes les décisions ne se valent pas. Sous l'emprise de l'adversité, de l'imaginaire, du désir d'avoir la même vie qu'autrui, de disperser son énergie dans des directions éparses, de vouloir saisir la multitude des objets, tu te retrouverais perché nulle part, saisi d'anxiété.

Il n'est jamais trop tard ! La question n'est toujours pas de prendre la meilleur décision, la question est d'apprendre à écouter le monde, juger des rencontres et suivre le fil qui est tien, il est toujours parmi d'autres entre tes mains !

Se dégager de l'égarement est simple et agréable mais pas nécessairement dépourvu d'effort. Vraiment cela consiste à se placer en disposition d'écoute : Par abandon de l'hostilité, en s'appuyant sur la réalité, en s'appuyant sur ce qui t'es propre, en s'appuyant sur l'éthique, l'intemporelle Parole et le mode de vie qui en découle. Bref en lâchant avec fermeté tout superflu, il y a compréhension de la question de la naissance.
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YS II.35 En s’appuyant sur ahiṃsā (non-nuisance), dans sa proximité est
l’abandon de l’hostilité.

YS II.36 En s’appuyant sur satya (réalité/vérité), il y a appui de l’acte et du fruit.

YS II.37 En s’appuyant sur asteya*, l’apparition de tous les joyaux.

YS II.38 En s'appuyant sur brahmacarya**, l’obtention de l ‘énergie.

YS II.39 Par la fermeté d'aparigraha (non-saisir), il y a compréhension de la question de la naissance.

* asteya traduit par non-vol s'entend comme non-désir d'être autrui... non-désir de s'accaparer les attributs d'autrui.

** brahmacarya : "conduite selon brāhman" conduite selon la Parole émanant de l'au-delà !
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Joachim

Ahaṃkāra

Égo, moi ou personnalité traduit-on du Sanskrit, l'étymologie dit tout simplement "moi-faire" une allusion à ce qui fait agir, à ce qui pousse à faire comme ceci plutôt que comme cela. En Sanskrit, au lieu de parler d'un moi solide, on admet la relativité d'un comportement conditionné et la relation biaisée du moi au réel. L'être humain a une tendance à réagir aux stimuli de façon conditionnée, extérieure plutôt que d'agir dans un sens noble, en relation à l'éthique (dharma).

Ne voyez aucune condamnation ni tentative de qualifier ce comportement égotique de mauvais, au contraire ! Il est nécessaire d'avoir de bons réflexes et de savoir agir de façon adaptée à ce qui advient. La survie dépends de ces bons réflexes dont certains ont été appris par l'espèce au long des millénaires, d'autres ont été appris par soi-même au cours de la vie. La capacité à discerner ce qui peut être mangé, ce qui est dangereux ou favorable est héritée d'une grande capacité à se laisser conditionner par les aléas de la vie. Le paradoxe est vertigineux !

La vie en société est possible grâce à cette même capacité de conditionnement. Il faut bien que certains croient dur comme fer être ouvrier, militaire, marchand, employé de bureau, d'usine, contremaître et jusqu'au maître du royaume pour que la fourmilière humaine fonctionne. Sans comportement conditionné, pas de place au sein du groupe, pas de groupe, pas de confort social et certainement pas de vie humaine du tout.

Oui, l'idée de liberté en prends un coup, enfin le lieu-commun disparaît avalé par le faux et c'est pas plus mal. Reste une quête qui accepte ne pas être le fruit d'un fantasme d'isolement et de toute-puissance. Môa qui se croirait libre de toute contrainte et souffrance, absorbé dans la félicité pour toujours ; seulement libre en réalité de se faire tout trip et comic-strip.  Vouloir se barrer hors de ce triste monde duel réserve dans la durée quelque surprise pas conforme au fantasme. Chacun est toujours rattrapé par le réel ne serais-ce que dans la mort.

Désir / peur

Le conditionnement joue sur le couple d'opposés fondamental [ désir / peur ] et présente le risque de se retrouver à avoir peur des insectes, des serpents, des loups, des tigres, des allemands, des étrangers en général, de mal faire et de mal être. Bref à avoir peur de tout y compris de ses enfants, son conjoint et jusqu'à sa propre ombre.

Mais il y a aussi le désir d'absolu, de connaissance de la réalité et qui est valorisé dans les enseignements. C'est ce désir de voir qui fait l'éveil de l'écoute !

Les désirs épars, conséquence et cause d'ignorance sont sans reconnaissance de la dualité. Vouloir seulement de la nourriture sucrée et jamais amer ni salée, vouloir l'amour sans la peur, vouloir vivre une température clémente sans jamais expérimenter ni le chaud ni le froid, c'est se condamner à vivre des déceptions et à disperser son énergie vitale en tout sens.

Buddhi

Le piège de l'égo est que ce moi soit lié à l'ignorance, au fait de ne pas voir. Eh oui puisque les mémoires issues​​ de l'expérience surgissent par réflexe dans le champ mental pour dire bien ou mal, désir ou peur. Tu te retrouves à aimer / avoir peur de façon pas toujours adéquate, tel aliment tel animal, tel humain ou telle situation.

Mais attention je répète, pas d'humanité vivante sans ahaṃkāra et réflexes de survie ! Tu vois, les enseignements de yoga montrent comment s'entraîner au discernement, exercice pas des plus évident puisque ce qui est évident, c'est l'ignorance (le conditionnement) qui dispense de voir pour de bon.

La buddhi c'est l'Intelligence avec un "I" qui siège en notre cœur, elle est le fruit de l'alchimie du Divin et de la Déesse. Au cœur d'ahaṃkāra, il y a cette conscience divine qui "voit" parfaitement. Mais voilà, la buddhi est voilée par ahaṃkāra qui lui impose en premier plan des mémoires d'actes passés. Ce qui advient dans le réel est vu comme un pseudo déjà-connu sur-imposé. Que de mal-entendus en perspective, tout serpent sera vu comme celui qui a causé la perte du paradis et non pas tel qu'il est véritablement.

Saṃskāra et bīja

Nos mémoires sont "impression, fruit de l'acte" (saṃskāra) et "graine en latence de germination" (bīja) et nous (citta) sommes faits d'une infinie trame de mémoires toutes reliées, à l'image de l'infinie trame galactique ou de celle toute similaire des neurones et synapses.

Il y a les mémoires des actes passés et il y en a d'autres, héritées des actes de la généalogie, une richesse connue et une autre inconnue qui vient de zones oubliées et de bien au delà l'imaginable.

Cette mémoire de morsure de chien habituellement latente devient active lorsqu'un chien entre dans mon champ mental. Il en va de même de mon code de carte bleue et de millions d'autres qui sommeillent et se réactivent de façon conditionnées.

Ahaṃkāra est le tissage de ces scories vivantes fruits de mes actes, de mon vécu. Je suis aussi affecté par et construit autour de ce que mes ancêtres ont vécu, je suis l'héritier de leurs mémoires qui me déterminent socialement. Je suis un grand bourgeois ou un descendant de prolétaire ou de guerrier du moyen-âge. Et encore au-delà, comment expliquer cette affinité pour ce coin d'Afrique où je me suis senti comme à la maison dès le premier instant ?

Comment expliquer cette empathie pour cette victime ou ce bourreau du bout du monde avec lequel je n'ai rien en commun ?

La réponse est simple, toutes les mémoires du Monde sont reliées, tout a été vécu en relation depuis la nuit des temps. Il n'y a qu'une seule et infinie trame à l'image des neurones et synapses ou à celle des galaxies.

Moi est une conjonction, une zone géographique dans l'immensité de la trame. Les mémoires sont des sons, elles sont vibrantes... alors la matière s'agglomère en cette forme de mon corps, similaire et différent des autres parce que nous partageons bien des espaces communs et d'autres singuliers.

Qui suis-je ?

Pour voir qui je suis, il faudrait pouvoir placer une frontière qui me sépare du monde. Le souvenir de ce chien qui n'est pas moi et qui m'a mordu devrait-il être au dedans ou en dehors de moi ? Le fait est qu'il est les deux à la fois, je suis un peu lui du fait de notre aventure commune.

Vertige de la réalité !

Où placer la limite ? Comment gérer tout ce que je connais sans le savoir et que je n'ai souvent même pas vécu ? Suis-je un peu de la centrale nucléaire de Fukushima ou pas du tout ? Suis-je influencé par cela ? Où se trouve ma mémoire de cet événement ? Au dedans de moi ou ailleurs dans la trame ? Les notions d'extérieur et d'intérieur s'effacent et s'efface aussi mon petit moi et ses problèmes égocentrés, quel soulagement !

Citta

L'enseignement du sāṃkhya nomme l'être humain "citta" pour rappeler l'étincelle divine (cit) en son cœur. Il est dit que citta est ; buddhi (Intelligence d'éveil), ahaṃkāra et manas (mental), les trois en même temps !

L'alliance du divin et de la Déesse créé le Monde tel qu'il se manifeste. Au cœur de l'humain ; buddhi et l'espace tout autour. Ahaṃkāra et l'espace tout autour. Ahaṃkāra produit la matière corporelle selon une trame de mémoires sonores individuée. Ahaṃkāra produit la potentialité des cinq sens. Et ​ahaṃkāra produit manas (mental) un organe (indriya) à la fois préhensile et réceptif.

Manas (mental)

Cet enseignement du sāmkhya reste très mal connu car il faut changer profondément de paradigme pour voir ce qui est dit. Il n'y a pas de connaissance théorique de la réalité qui soit possible. Seule l'expérience est vraie mais qui voudrait lâcher sa relation conditionnée au monde ? Chacun a bien trop intérêt à amender encore sa tragi-comédie !

Manas est à la fois réceptif et préhensile, il y a une capacité à recevoir et une capacité à saisir. C'est une affaire de désir et de peur qui fait que moi est saisisseur ou à l'écoute au travers de l'organe mental (indriya).

Citta s'exprime et agit à travers l'espace grâces à ses 5 organes d'action (karma-indriya) investis par l'organe mental ; la voix, les mains, les pieds, les organes d'excrétion et les organes génitaux.

Citta désire saisir et écoute au travers de ses 5 sens​, organes de connaissance​ (jñāna-indriya) investis par le mental saisisseur ou à l'écoute.

Et pour que le tableau expérienciel soit complet, il faut ajouter la scène de théâtre sur laquelle se joue ma tragi-comédie ; l'espace mental à géométrie variable qui coïncide avec ākāśa l'espace entier !

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