Ākāśa आकाश ◦ Espace fertile

• Alimentation : Se nourir de prāṇa

Un arbre est un être capable, grâce à l’énergie solaire, de transmuter des éléments vivants, en la matière de son propre corps.

L’essence de l’arbre prend corps en puisant du vivant dans la terre, l'eau, la lumière, l’air. Et l’arbre est arbre au monde, en relation aux êtres. Lorsqu’il fait fruit pour se reproduire, tout son possible y est inscrit. Il y a ce génie et tout le nécessaire en potentiel pour que l’arbre nouveau soit là. Ce qui est valable pour toute plante, il y a beaucoup de force vitale et d’intelligence condensées en un fruit.

Lorsqu’un humain mange ce fruit, c’est tout cela qui est assimilé. L’énergie, l’intelligence sont là, et l’humain s’y trouve relié : « ça » devient une part de lui-même et il devient un peu « ça ». Ce qui est valable pour tout aliment.


Prāṇa

Nous sommes en vie car une énergie (prāṇa) est présente en nous :

- Par la respiration
- Par l’ingestion de nourriture
- Par la relation à des émotions
- Par la lumière solaire

Il est essentiel de prendre conscience qu’en mangeant, nous ingérons une énergie qui provient d’êtres vivants. Nous appelons cela vitamines, oligo-éléments etc… il s’agit de vie. La science nous dit que les vitamines, par exemple ont une durée de vie limitée, souvent à quelques minutes au contact de l’air. Les dernières découvertes parlent d’activités électrique et magnétique subtiles, à l’intérieur des molécules de ces vitamines ou acides aminés.

Nous savons désormais que même l’eau, qui semblait neutre, est en réalité animée elle aussi, de qualités magnétiques subtiles qui varient selon les circonstances. Et elle est mémoire de ce qui a eu lieu à son contact.

L’essentiel pour nous qui ne sommes pas chercheurs universitaires est de prendre conscience que notre bonne santé dépend des relations que nous entretenons avec ces sources de vie, ces « souffles », ce prāṇa.


Petite histoire de l’alimentation

Nous sommes faits pour manger la chair de fruits et des feuilles principalement, des racines dans une moindre mesure et des graines qui ont souvent besoin d’être broyées pour être digérées.

Le berceau de l’humanité se trouve en Afrique tropicale, dans un climat sans saisons marquées qui offre cette alimentation idéale. La richesse végétale du milieu tropical rend disponibles des milliers de plantes comestibles ou médicinales. Les grands singes vivant là se nourrissent ainsi et il se trouve que nous avons exactement le même système digestif qu’eux. Les humains « primitifs » découverts dans la jungle par les européens entre la Renaissance et le 20° siècle se nourrissaient de même. La chasse et la consommation de chair animale était pour eux, acte sacré (sacrifice) et rare visant à acquérir les qualités, les pouvoirs de "mondes" animaux.

Homo Sapiens (nous) a migré vers le nord il y a plus de 100 000 ans et a dû adapter son alimentation pour survivre, surtout en hiver bien sûr. Le chasseur-cueilleur européen de la préhistoire était déjà un occidental mais à la vie très dure, c’est certain. Une évolution de mode de vie était nécessaire ; à seulement 12 000 ans de nous, la période néolithique a vu l’élevage d’animaux et la culture de céréales. D’une certaine façon, c’était le début de l’ère industrielle, la spécialisation d’individus à accomplir certaines tâches. Une partie du groupe cultive alors qu’une autre protège le territoire voir l’agrandit. Les groupes humains sont alors devenus plus nombreux, plus conquérants et l’alimentation s’en est trouvée toute aussi révolutionnée en ces sociétés naissantes.

Les graines de céréales se stockent et se transportent : idéal pour passer l’hiver et idéal aussi pour voyager. La viande rend agressif, donne une énergie conquérante, les humains « primitifs » le savaient. Céréale-viande, c’est la base du hamburger, un régime alimentaire théorique vieux de 12 000 ans qui est lié au développement ultérieur des grandes cités antiques.

Les premières cités Sumériennes ou Indiennes datées à – 6 000 ans étaient hiérarchisées, agricoles, commerçantes et guerrières : céréales-viande. La société prospère alors que le régime alimentaire moyen est bien plus pauvre que celui permis par le milieu tropical-humide originel. La médecine comme profession devient indispensable pour soigner, grâce aux plantes et à la Connaissance, ce que nous appelons maladie-endémique et qui est avant tout faiblesse d’énergie vitale endémique. (La carie dentaire, par exemple, inhérente à la consommation de céréales devient généralisée et grave dans les sociétés antiques, d’Egypte à Rome)

Cette description se doit d’être courte et est abrupte, j’en conviens. Elle n’a d’autre but que tracer quelques traits afin d’aiguiser le regard. A chacun de creuser, d’observer et d’affiner.


Alimentation raisonnable

L’alimentation idéale est constituée d’une grande richesse de fruits et feuilles de dizaines d’espèces végétales consommés tout au long de l’année. De racines et graines broyées dans une certaine mesure. Certaines plantes constituent une base alimentaire, d’autres sont « con-dimentaires » (avec-l’aliment) car leurs vertus médicinales demandent parcimonie d’utilisation et donc « connaissance ».

Ces aliments consommés dans la nature sont vivants, très riches en prāṇa.

Voilà pour la théorie. La pratique d’une alimentation saine consiste tout simplement à se rapprocher de ce régime théorique en ne perdant jamais de vue ce qui vient d’être exposé :

Le prāṇa (vie-souffle) est la vraie base de notre santé

Une alimentation riche en prāṇa sera automatiquement frugale et facilement digérée. L’organisme aura été nourri de belles qualités sans avoir à fournir un grand travail ni digestif, ni d’élimination de déchets. Energie physique, clarté d’esprit et bonne humeur sont les signes que tout se passe bien.

Une alimentation pauvre en prāṇa donnera faim et il faudra se remplir l’estomac pour que cesse la satiété. La digestion sera sensible par de la fatigue car il faut au corps beaucoup de force pour éliminer les déchets inutiles voir nuisibles à son fonctionnement. Nous compensons la pauvreté nutritionnelle par un plus grand volume et la surconsommation d’excitants… le cercle vicieux de la mal-vie qui mène à la maladie est ainsi amorcé. Que dire d’un organisme occupé à digérer 24h/24 ? Les intestins remplis, le foie et les reins au travail d’épuration constamment… L’énergie sera en baisse et l’esprit confus.


En pratique

« Le chemin est le but » La pratique est faite de curiosité et détachement

L’aventure s’initie en observation des comportements. Le nôtre et ceux des autres nous enseigneront. Comment permettre l’évolution de nos façons de faire si nous n'en sommes même pas conscients ? Prendre conscience de ce que nous ingérons mais aussi de ce que nous achetons, de ce que commerce, industrie et agriculture proposent. La connaissance de phénomènes simples, souvent contradictoires les uns avec les autres, qui progressivement infusent est le chemin d’une alimentation intelligente.

Frais : Après cueillette, les plantes fraiches perdent progressivement leur vitalité. La nourriture crue est la plus riche de vie mais pas toujours très facile à digérer, surtout pour les organismes fatigués. A chacun de voir selon les circonstances.

Discerner la chair du fruit, de la graine ainsi que feuille, fleur et racine. Chaque partie de la plante est l’expression d’une énergie particulière, en relation à la Terre, au Ciel, à l’Eau, au Soleil.

Conservation : feuilles, fleurs, racines, fruits et graines déshydratées conservent très bien leur « magie prāṇ-ique » mais moins d’une année. Les graines de céréales, légumineux et oléagineux sont parfaitement vivantes tant qu’elles peuvent germer, l’huile est déjà plus pauvre, la farine encore plus pauvre. La congélation éventuelle du frais dans le mode de vie moderne est le moins pire du pire. Les conserves hermétiques d’aliments cuits sont les plus pauvres en prāṇa.

Cuisson : Bien sûr, elle détruit en grande partie la vie mais elle permet de consommer des aliments mal-digestes crus. La cuisson, lorsqu’elle est utilisée, se doit d’être douce, « à l’étouffée », l’aliment mangé encore ferme. L’Ayurveda indique que les plats cuits doivent être consommés immédiatement (avant 3 heures). Grillades et fritures sont absurdes et le four devrait-être réservé à la cuisson du pain en hiver lorsque la consommation de ce dernier s’avère indispensable.

Combinaisons alimentaires : Par exemple, une céréale mangée avec des fruits donnera dans notre processus digestif la production d’alcool et la mise en fermentation de tout le reste du bol alimentaire. Les mal-digestions chroniques qui se manifestent à minima par fatigue et confusion d’esprit ont comme source une alimentation trop complexe, difficile à comprendre et traiter pour notre organisme. Il convient de se diriger vers des repas constitués d’un plat simple. La diversité alimentaire étant présente au fil des repas, l'incroyable richesse du monde végétal est à découvrir!

Frugalité : Elle n’est pas un but mais un bon signe que nous sommes bien nourris si elle est assortie de bonne humeur. L’Ayurveda conseille deux repas par jour : l’un vers 10 heures, l’autre vers 18 heures

Bio? : Les produits agricoles Biologiques sont garantis sans pesticides. Les pesticides ont pour but de détruire la vie de plantes et insectes indigènes. Il ne devrait pas y avoir de commentaire à faire sur la consommation de pesticides par l'humain... L'industrie agro-alimentaire, ces dernières années, a "green-washé" ses aliments-morts de longue-conservation en produits alimentaires Bio. Les rayons de magasins "bio" sont aujourd'hui remplis des mêmes produits industriels-morts que ceux de n'importe quelle supermarché: discernement!

Viande? : La question est très intime, à chacun de voir. Se passer de nourriture produite à partir d'animaux demande une intelligence et des connaissances particulières. Une révolution culturelle qui prends du temps, apprendre à se nourrir de végétaux. La question d'une alimentation vivante et équilibrée ne consiste pas à être végé-ceci ou celà.

Médecine : Aucun mode de vie n’est idéal et nous sommes en équilibre comme des funambules. Parfois en santé et confiants, parfois au bord du déséquilibre. Les médecines Ayurvédiques indiennes et traditionnelles chinoises, grâce à l’intelligence de leur méthode diagnostique et leur pharmacopée, nous remettent en équilibre de façon préventive. Il ne faut pas voir la moindre opposition entre les pratiques occidentales modernes et asiatiques anciennes, elles se complètent à merveille. Déjà, ces pratiques coexistent et s'influencent mutuellement, peut-être dans le sens d'une conscience collective véritable. Soyons en les acteurs !

"Que l'aliment soit ton premier médicament" 
Hippocrate


Joachim
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